Glamsterdam : la mise à jour d'Ethereum expliquée simplement

Glamsterdam : la mise à jour d'Ethereum expliquée simplement

Depuis le passage d'Ethereum au proof-of-stake, le réseau reçoit régulièrement des mises à jour qui portent chacune le nom d'une ville ou d'un lieu (Shanghai, Dencun, Pectra...). La prochaine, baptisée Glamsterdam, est présentée par les développeurs du protocole comme la plus grosse évolution structurelle depuis The Merge en 2022. Elle ne change pas la façon dont Ethereum sécurise ses blocs, mais elle revoit en profondeur la manière dont ils sont construits, combien de transactions ils peuvent contenir, et combien de temps un validateur doit attendre pour récupérer ses fonds.

Voici ce qu'il faut en retenir, sans jargon inutile.

Glamsterdam, c'est quoi ?

Glamsterdam est le nom de code du prochain hard fork d'Ethereum, c'est-à-dire une mise à jour coordonnée des règles du réseau à laquelle tous les nodes et validateurs doivent adhérer en même temps. Le nom vient de la fusion de « Glamis », le lieu de la conférence Devconnect où l'upgrade a été planifiée, et « Amsterdam », ville hôte d'une des réunions de développeurs. Comme souvent chez Ethereum, le nom ne veut rien dire de particulier sur le contenu technique.

Contrairement à The Merge, qui avait changé le mécanisme de consensus (du minage au staking), Glamsterdam ne touche pas à cette base. Elle s'attaque plutôt à trois problèmes concrets remontés par les validateurs, les développeurs d'applications et les utilisateurs depuis des années : la dépendance à des logiciels tiers pour construire les blocs, la capacité limitée du réseau, et la lenteur pour sortir du staking. Le paquet regroupe une dizaine de propositions d'amélioration (EIP), dont deux structurent l'essentiel du changement : l'ePBS et les BAL.

ePBS : la fin de MEV-Boost pour les validateurs

Aujourd'hui, la plupart des validateurs Ethereum ne construisent pas eux-mêmes leurs blocs. Ils délèguent cette tâche à des « builders » externes, via un logiciel appelé MEV-Boost et des relais qui font l'intermédiaire. Ce système a été mis en place à la va-vite après The Merge pour limiter l'extraction de valeur (le fameux MEV, pour « Maximal Extractable Value ») par les gros validateurs, mais il ajoute une couche de logiciels et de services tiers dont dépend, de fait, la moitié du réseau.

L'ePBS (« enshrined Proposer-Builder Separation ») intègre ce mécanisme directement dans le protocole. Concrètement, l'enchère qui détermine qui construit le prochain bloc se déroule désormais au niveau du protocole lui-même, sans passer par un relais externe. Le rôle du validateur redevient simple : proposer un bloc, l'attester, participer au consensus. Il n'a plus besoin de faire confiance à un relais tiers ni de dépendre de sa disponibilité. C'est un gain de résilience pour l'ensemble du réseau, et une simplification pour tous ceux qui font tourner un validateur.

Block-Level Access Lists : plus de gas, moins de frais

Le deuxième pilier de Glamsterdam s'appelle les Block-Level Access Lists (BAL, EIP-7928). Sans entrer dans le détail technique, elles permettent à un node de savoir à l'avance quelles parties de l'état de la blockchain un bloc va modifier, avant même d'avoir exécuté toutes les transactions qu'il contient. Résultat : le node peut traiter plusieurs transactions en parallèle plutôt qu'une par une, et se synchroniser beaucoup plus vite avec le reste du réseau.

Cette capacité de traitement supplémentaire est ce qui permet d'envisager une hausse de la limite de gas, c'est-à-dire la quantité de calcul qu'un bloc peut contenir. Le plancher visé par la mise à jour est de 200 millions de gas par bloc, contre 60 millions aujourd'hui : potentiellement plus de trois fois plus de transactions par bloc. Attention toutefois, ce chiffre n'est pas un interrupteur qui s'active au moment du fork : la limite de gas reste ajustée progressivement, bloc par bloc, selon les préférences des proposeurs, dans les limites que permet désormais le protocole. Plus de capacité ne veut pas dire des frais nuls, mais un réseau qui absorbe mieux les pics de demande sans que les frais s'envolent, ce qui était l'un des points faibles historiques d'Ethereum face à des réseaux comme Solana.

Le calendrier de déploiement

Frise chronologique du déploiement de la mise à jour Ethereum Glamsterdam : testnet Sepolia le 6 octobre 2026, testnet Hoodi le 27 octobre 2026, puis mainnet au quatrième trimestre 2026
Feuille de route de Glamsterdam au 26 septembre 2026 : dates susceptibles d'évoluer.

Comme chaque mise à jour majeure, Glamsterdam est d'abord testée sur les réseaux de test avant d'arriver sur le réseau principal (le « mainnet », celui qui porte la valeur réelle) :

  • 6 octobre 2026 : première répétition publique sur le testnet Sepolia.
  • 27 octobre 2026 : deuxième répétition, à plus grande échelle, sur le testnet Hoodi.
  • Quatrième trimestre 2026 : activation sur le mainnet, sans date officielle arrêtée à l'heure où j'écris ces lignes.

Ces dates peuvent glisser, comme c'est régulièrement arrivé sur les précédentes mises à jour d'Ethereum : un bug détecté sur un testnet suffit à repousser l'étape suivante de plusieurs semaines. Si vous voulez suivre l'avancement au jour le jour, le site officiel du projet reste la source la plus fiable, loin devant les rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux : ethereum.org.

Ce que ça change pour les stakers

Si vous faites du staking, que ce soit en solo avec 32 ETH ou via une plateforme, Glamsterdam vous concerne surtout sur un point : la file d'attente de sortie. Aujourd'hui, quand beaucoup de validateurs veulent sortir du staking en même temps, la file peut prendre plusieurs jours à se vider, un problème particulièrement pénalisant pour les gros acteurs institutionnels qui ont besoin de liquidité rapidement, mais aussi pour n'importe quel particulier pressé de récupérer ses fonds.

Glamsterdam prévoit un mécanisme qui doit réduire significativement cette file d'attente, en la rendant plus proportionnelle à la charge réelle du réseau plutôt qu'à une limite fixe historique. Rien de garanti tant que la mise à jour n'est pas passée en production, mais c'est l'un des changements les plus attendus par les gros détenteurs d'ETH, aux côtés des opérateurs de validateurs indépendants.

Et pour un utilisateur normal, ça change quoi ?

Si vous n'êtes ni développeur ni validateur, l'essentiel se résume en trois points :

  1. Vous n'avez rien à faire. Un hard fork est une mise à jour du réseau, pas de votre portefeuille ou de votre compte sur une plateforme d'échange comme Kraken.
  2. Avec le temps, vous devriez voir des frais de transaction plus stables, même lors des pics d'activité (lancement d'un projet populaire, forte volatilité du marché).
  3. Le réseau devient plus robuste techniquement, ce qui est un argument de fond pour la valorisation à long terme d'Ethereum, même si cela ne dit rien du prix à court terme.

Si vous découvrez tout juste ces notions, notre lexique crypto détaille les termes comme « gas », « validateur » ou « MEV » utilisés dans cet article.

Les points de vigilance

Un hard fork n'est jamais totalement sans risque pour l'écosystème, même s'il ne menace pas directement vos fonds :

  • Retards de calendrier : historiquement fréquents chez Ethereum, ils ne remettent pas en cause la mise à jour elle-même.
  • Bugs de client : si vous faites tourner votre propre node ou validateur, ne pas mettre à jour votre logiciel à temps peut vous faire sortir du consensus et vous faire perdre des récompenses, voire subir des pénalités.
  • Fragmentation temporaire : lors d'un fork, certains outils tiers (explorateurs de blocs, ponts, applications) peuvent mettre quelques heures ou jours à s'adapter.

Comme toujours sur ce site : rien de ce qui précède ne constitue un conseil en investissement. Pour la partie sécurité de vos avoirs, notre guide pour investir en cryptomonnaies en toute sécurité reste valable quelle que soit la mise à jour en cours sur le réseau.

Questions fréquentes

Progressivement, oui, mais pas du jour au lendemain. Glamsterdam ouvre la porte à une limite de gas plus haute grâce aux Block-Level Access Lists, jusqu'à environ 200 millions contre 60 millions aujourd'hui. La limite réelle grimpe ensuite petit à petit, bloc par bloc, selon les préférences des proposeurs, pas d'un coup au moment du fork.

Oui, si vous faites tourner votre propre validateur ou node, vous devez passer sur une version de client compatible avant les forks de test (Sepolia le 6 octobre 2026, Hoodi le 27 octobre 2026) puis avant l'activation sur le mainnet. Si vous stakez via une plateforme ou un service tiers, c'est cette dernière qui s'en charge à votre place.

Non. Une mise à jour du protocole Ethereum ne change ni votre solde ni la sécurité de vos ETH détenus sur une plateforme d'échange ou dans un portefeuille personnel. Seuls les opérateurs de nodes et de validateurs doivent agir en amont pour rester synchronisés avec le réseau.

The Merge, en 2022, a changé le mécanisme de consensus d'Ethereum, du minage (proof-of-work) au staking (proof-of-stake). Glamsterdam ne touche pas à ce mécanisme : elle optimise le système de preuve d'enjeu déjà en place, avec un processus de construction des blocs plus simple, plus de capacité de traitement et une sortie de staking plus rapide.

Conclusion

Glamsterdam n'a pas la portée symbolique de The Merge, mais elle s'attaque à des problèmes bien réels : la dépendance excessive à des logiciels tiers pour construire les blocs, une capacité de traitement qui plafonne depuis des années, et une file d'attente de sortie de staking devenue un vrai point de friction. Prise dans son ensemble, c'est une mise à jour de maturité plus que de rupture, mais c'est exactement le type de travail qui permet à un réseau de tenir la distance.

Je garde un œil sur l'avancée des tests, et je mettrai cet article à jour dès que la date d'activation sur le mainnet sera confirmée. En attendant, si vous voulez comprendre les bases de ce qui a changé avec le passage au staking, notre article sur le passage d'Ethereum au proof-of-stake reste un bon point de départ.

Des questions sur Glamsterdam ou sur Ethereum en général ? N'hésitez pas à les poser en commentaire, j'y réponds avec plaisir.

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