Ethereum 2.0, c'est quoi ? The Merge et le staking expliqués

Ethereum 2.0, c'est quoi ? The Merge et le staking expliqués

Logo d'Ethereum

Si vous cherchez « Ethereum 2.0, c'est quoi ? », il y a de fortes chances que vous soyez tombé sur des informations dépassées : des phases de lancement, une date de décembre 2020, des rendements de staking à 20 % par an. Rien de tout cela n'est encore d'actualité. Cet article a été entièrement mis à jour pour refléter ce qui s'est réellement passé, et où en est Ethereum aujourd'hui.

Vous voulez juste savoir comment staker vos ETH, sans l'historique ? Trois options, de la plus simple à la plus technique : staker directement depuis une plateforme comme Kraken (quelques clics, sans minimum élevé), passer par un protocole de staking liquide comme Lido ou Rocket Pool, ou faire tourner votre propre validateur si vous avez 32 ETH. Le détail de chaque option est expliqué dans la section « Comment fonctionne le staking sur Ethereum aujourd'hui » plus bas.

Ethereum 2.0, un terme aujourd'hui abandonné

« Ethereum 2.0 » était le nom donné, entre 2020 et 2022, au projet de faire passer Ethereum d'un consensus par preuve de travail (proof-of-work, comme le minage de Bitcoin) à un consensus par preuve d'enjeu (proof-of-stake, ou staking). Le plan initial prévoyait plusieurs phases successives (phase 0, 1, 1.5, 2) et un nouveau réseau parallèle, la « Beacon Chain », lancé le 1er décembre 2020.

Dans les faits, les développeurs ont simplifié cette feuille de route en cours de route : au lieu de créer un réseau séparé puis de migrer les données, ils ont directement branché la Beacon Chain sur le réseau Ethereum existant. Ce basculement s'appelle The Merge, et c'est l'événement qu'il faut connaître, pas « Ethereum 2.0 ». L'Ethereum Foundation a officiellement recommandé d'abandonner le terme « Ethereum 2.0 » en janvier 2022, justement pour éviter de laisser croire qu'il existerait deux réseaux Ethereum différents.

The Merge : ce qui a vraiment changé (15 septembre 2022)

Pièce d'Ethereum en gros plan

The Merge a eu lieu le 15 septembre 2022. En une seule transition, sans interruption de service ni migration de fonds à faire de votre côté, Ethereum est passé du minage au staking. Concrètement :

  • La consommation énergétique du réseau a chuté d'environ 99,95 %, puisqu'il n'y a plus besoin de matériel de minage tournant en continu pour sécuriser le réseau.
  • Les mineurs ont été remplacés par des validateurs, qui mettent en jeu (stakent) des ETH plutôt que de la puissance de calcul pour avoir le droit de créer des blocs.
  • Aucun ETH n'a été créé, détruit ou migré pour les utilisateurs : votre solde sur une plateforme d'échange ou dans votre portefeuille n'a pas bougé au moment du switch.

Ce que The Merge n'a en revanche pas résolu, à l'époque : le nombre de transactions par seconde et le niveau des frais de réseau. C'est un point important, souvent mal compris : la scalabilité d'Ethereum passe par d'autres chantiers (les solutions de couche 2, puis des mises à jour comme Glamsterdam aujourd'hui), pas par le passage au proof-of-stake en lui-même.

Comment fonctionne le staking sur Ethereum aujourd'hui

Pour faire tourner un validateur en solo, il faut toujours immobiliser 32 ETH et faire tourner un logiciel de validation en continu, avec une bonne connexion et une certaine rigueur technique (une mauvaise configuration peut entraîner des pénalités, voire une exclusion du réseau en cas de faute grave, ce qu'on appelle le slashing).

Dans la pratique, la grande majorité des détenteurs d'ETH ne font pas tourner leur propre validateur. Ils passent par :

  1. Le staking liquide, via des protocoles comme Lido ou Rocket Pool : vous déposez le montant que vous voulez, sans minimum de 32 ETH, et vous recevez un token représentant vos ETH stakés plus les récompenses.
  2. Le staking proposé par une plateforme d'échange comme Kraken, souvent accessible dès quelques euros et en quelques clics.
  3. Le staking en solo, réservé à ceux qui ont les 32 ETH et l'envie de gérer eux-mêmes leur infrastructure.

Peut-on récupérer ses ETH stakés ?

Oui, et c'est un changement important par rapport à ce que cet article annonçait à l'origine. Au lancement du staking, les ETH déposés étaient effectivement bloqués sans date de sortie précise. Ce verrou a été levé avec la mise à jour Shanghai/Capella, en avril 2023 : depuis, les retraits sont ouverts en continu, avec un délai qui dépend uniquement de la file d'attente du réseau (généralement de quelques heures à quelques jours). C'est d'ailleurs cette file d'attente que la prochaine mise à jour, Glamsterdam, doit encore réduire.

Quel est le rendement du staking en 2026 ?

Oubliez les 20 % par an évoqués dans les premières estimations de 2020 : ce chiffre n'a jamais été réaliste une fois le staking généralisé. Le mécanisme d'Ethereum est conçu pour que le rendement baisse à mesure que davantage d'ETH sont stakés, ce qui est exactement ce qui s'est passé. Aujourd'hui, avec plus de 30 % de l'offre totale d'ETH stakée (autour de 32-33 % courant 2026), le rendement de base tourne autour de 2,5 à 3 % par an, un peu plus pour les validateurs solo qui captent aussi une partie du MEV (la valeur extraite de l'ordre des transactions dans un bloc).

Ce rendement reste à mettre en perspective avec la volatilité du prix de l'ETH lui-même : un rendement de 3 % par an ne compense pas une baisse de 20 % du cours. Comme toujours sur ce site, ceci n'est pas un conseil en investissement — notre guide pour investir en cryptomonnaies en toute sécurité reste une bonne base avant de se lancer. D'autres mécanismes de staking existent par ailleurs sur des plateformes centralisées, comme le Launchpad et le Launchpool de Binance, mais le fonctionnement et les risques sont très différents du staking natif d'Ethereum.

Peut-on encore miner de l'Ethereum ?

Non. Depuis The Merge, il est techniquement impossible de miner de l'Ethereum : le réseau n'accepte plus de blocs produits par preuve de travail. Si vous avez du matériel de minage acheté à l'époque pour miner de l'ETH, il a soit été revendu, réaffecté au minage d'autres cryptomonnaies encore basées sur le proof-of-work, soit réutilisé pour d'autres usages (jeu vidéo, calcul).

Et après ? Ethereum continue d'évoluer

The Merge n'était qu'une étape parmi d'autres mises à jour, chacune portant le nom d'un lieu de conférence ou de ville : Shanghai (retraits, 2023), Dencun (réduction des frais des couches 2, 2024), Pectra (2025), et maintenant Glamsterdam, présentée comme la plus grosse évolution structurelle depuis The Merge : simplification de la construction des blocs, plus de capacité réseau, et une file d'attente de sortie du staking plus courte.

Si un sujet vous intéresse en particulier, allez y jeter un œil : c'est la suite logique de tout ce qui est expliqué ici.

Questions fréquentes

Non, et c'est important à comprendre : il n'y a jamais eu deux réseaux Ethereum distincts qui fusionnent en un seul. The Merge a changé le mécanisme de consensus du réseau Ethereum existant, sans migration de données ni nouvelle chaîne. Le terme « Ethereum 2.0 » a été abandonné par l'Ethereum Foundation dès 2022 pour éviter cette confusion.

Seulement si vous voulez faire tourner votre propre validateur en solo. Pour staker sans ce minimum, vous pouvez passer par le staking liquide (des protocoles comme Lido ou Rocket Pool) ou par le staking proposé directement par une plateforme d'échange, à partir de quelques euros dans certains cas.

Non, le minage d'Ethereum s'est arrêté définitivement au moment de The Merge, le 15 septembre 2022. Les cartes graphiques auparavant utilisées pour miner de l'ETH ont depuis été réaffectées à d'autres usages (jeu vidéo, IA) ou à d'autres cryptomonnaies encore minables.

Non. Vous pouvez perdre une partie de vos ETH stakés en cas de mauvaise gestion de votre validateur (slashing), et le prix de l'ETH lui-même reste volatil : un rendement de 2 à 3 % par an ne compense pas une forte baisse du cours. Ce n'est pas un placement garanti, et cet article ne constitue pas un conseil en investissement.

Conclusion

« Ethereum 2.0 » reste un terme que beaucoup de gens tapent dans un moteur de recherche, mais il ne correspond plus à rien de concret depuis 2022 : il n'y a qu'un seul Ethereum, passé au proof-of-stake via The Merge, avec un staking désormais accessible, retirable et bien moins rémunérateur que ce qu'on imaginait au départ. Le vrai sujet aujourd'hui n'est plus « quand est-ce que ça arrive », mais « comment le réseau continue de s'améliorer », avec des mises à jour régulières comme Glamsterdam.

Des questions sur le staking ou sur l'historique d'Ethereum ? N'hésitez pas à les poser en commentaire, j'y réponds avec plaisir.

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